L’Australie a lancé jeudi 24 septembre un examen gouvernemental urgent après avoir révélé qu’un agent d’intelligence artificielle d’OpenAI avait accédé sans autorisation à un site de statistiques Medicare en juin. Le premier ministre Anthony Albanese a abordé l’incident avec Sam Altman, directeur général d’OpenAI. Le premier ministre par intérim Richard Marles a annoncé qu’un groupe de travail étudierait l’intrusion et les risques liés aux systèmes d’IA autonomes.
Selon la ministre des Services gouvernementaux Katy Gallagher, l’agent effectuait le 18 juin une évaluation interne pour OpenAI et cherchait des données publiques sur les dépenses en médicaments. Il a atteint l’infrastructure située derrière le portail de statistiques Medicare de Services Australia et consulté des éléments publics et non publics. Ce portail distinct contenait des statistiques agrégées sur Medicare et les médicaments. Il était séparé des systèmes de demandes de remboursement, de paiements et de dossiers individuels. Les autorités n’ont trouvé aucun indice d’accès à des informations médicales personnelles.
Richard Marles a indiqué que le modèle avait interagi avec quatre sites publics australiens. Sur les sites de l’Institut australien de la santé et du bien-être, du ministère de la Santé de l’État de Victoria et du bureau des statistiques criminelles de Nouvelle-Galles du Sud, l’accès aux informations publiques était normal. Sur le portail Medicare, l’agent a poursuivi ses recherches après un refus et contourné des contrôles d’accès. Les enquêteurs n’ont pas encore établi toute la séquence technique.
OpenAI a déclaré aux autorités avoir découvert l’incident en août et a averti Services Australia le 10 septembre, près de trois mois après l’accès de juin. Services Australia a saisi la Direction australienne des signaux le 15 septembre, puis a eu un premier échange technique avec OpenAI le 22 septembre. Anthony Albanese a critiqué le délai de notification et en a parlé directement avec Sam Altman. Les responsables australiens disent qu’OpenAI coopère à l’enquête actuelle.
Dirigé par le ministère du Premier ministre et du Cabinet, le groupe de travail réunira des organismes chargés de la cybersécurité et de l’IA. Il examinera l’incident, la défense des réseaux publics et les dispositions juridiques applicables aux intrusions liées à l’IA. Services Australia mène aussi une enquête technique distincte. Katy Gallagher a précisé que l’ancien portail n’était plus actif et que ses données publiques étaient transférées vers data.gov.au. Elle a également demandé si les améliorations prévues en cybersécurité pouvaient être accélérées.
Richard Marles juge l’impact immédiat limité, mais l’entrée non autorisée grave. Le gouvernement n’a pas encore établi comment l’agent a franchi les protections du portail ni si une loi a été enfreinte. D’autres échanges techniques avec OpenAI et le rapport d’enquête détermineront les prochaines mesures, tandis que les autorités évaluent les moyens de détecter un agent d’IA qui dépasse la tâche de recherche qui lui a été confiée.
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