Retour à l'accueil Le climat a doublé la probabilité de conditions propices aux feux au Canada Environnement

Le climat a doublé la probabilité de conditions propices aux feux au Canada

Publié le 6 août 2026 597 vues

Le changement climatique d'origine humaine a approximativement doublé la probabilité des conditions chaudes et sèches qui ont favorisé de vastes incendies cet été dans les Territoires du Nord-Ouest et le nord-ouest de l'Ontario, selon une analyse rapide publiée jeudi par World Weather Attribution. Ces conclusions déplacent l'attention de la seule origine des feux vers la météo qui a permis aux flammes de s'intensifier, de progresser rapidement et de résister aux opérations d'extinction dans les immenses paysages nordiques.

Les chercheurs ont comparé les conditions observées avec des simulations d'un climat préindustriel plus frais. Ils ont conclu que le réchauffement, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, avait rendu des conditions comparables environ deux fois plus probables. Cette collaboration scientifique internationale étudie l'influence du climat sur la probabilité et l'intensité des événements extrêmes, même si ses évaluations rapides précèdent le processus plus lent d'examen formel par les pairs.

Plus de 12 950 kilomètres carrés, soit 5 000 miles carrés, ont brûlé dans les incendies des Territoires du Nord-Ouest examinés par l'équipe. Les auteurs ont indiqué que la foudre avait déclenché les principaux foyers, tandis que la chaleur et la sécheresse les avaient aidés à devenir trop intenses et trop rapides pour les équipes. Jonathan Boucher, spécialiste du Service canadien des forêts, estime que les éléments disponibles désignent davantage un problème climatique que la seule gestion forestière.

L'analyse a également porté sur le nord-ouest de l'Ontario, autre région soumise à une météo particulièrement favorable aux incendies. Mike Flannigan, expert canadien extérieur à l'étude, a expliqué à l'Associated Press que les feux causés par la foudre représentent plus de 90 % de la superficie brûlée au Canada, bien que les activités humaines déclenchent environ la moitié des incendies. Cette différence est importante, car les foyers isolés peuvent s'étendre loin des routes et des bases de secours.

La fumée a franchi les frontières provinciales et internationales, détériorant la qualité de l'air dans des villes canadiennes et américaines, notamment New York. L'étude paraît alors que le président américain Donald Trump critique la gestion des forêts canadiennes et évoque une mesure punitive. Des scientifiques canadiens et indépendants répondent que la gestion peut modifier le risque local, mais qu'elle ne peut supprimer l'effet général de réchauffement et d'assèchement produit par les émissions de gaz à effet de serre.

Avant la saison, le gouvernement canadien avait annoncé des températures estivales supérieures à la normale dans la plupart des régions et rappelé que le dérèglement climatique augmentait la fréquence et l'intensité des conditions extrêmes. La nouvelle analyse ne prévoit pas combien de feux supplémentaires se déclareront, mais montre que le seuil du danger devient plus facile à atteindre. Les chercheurs recommandent de renforcer la préparation des communautés et des forêts tout en réduisant durablement les émissions qui retiennent la chaleur.

Sources: Associated Press, World Weather Attribution, Government of Canada, Government of the Northwest Territories

Commentaires