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Trump envisage de mettre fin à la guerre contre l'Iran et lève les sanctions pétrolières

Publié le 21 mars 2026 867 vues

Le président Donald Trump a déclaré vendredi soir sur Truth Social qu'il envisageait de réduire les opérations militaires contre l'Iran, affirmant que les États-Unis se rapprochaient considérablement de la réalisation de leurs objectifs dans ce conflit qui entre désormais dans sa quatrième semaine. Cette déclaration est intervenue alors que la pression intérieure s'intensifiait face à la flambée des prix de l'énergie et que les interrogations se multipliaient sur l'orientation stratégique de la campagne. Toutefois, cette annonce semblait en contradiction avec la poursuite des activités militaires dans la région, l'armée israélienne ayant confirmé tôt samedi qu'elle frappait à nouveau des cibles à Téhéran.

Les signaux contradictoires allaient bien au-delà de la rhétorique présidentielle. Alors même que Trump évoquait une désescalade, le Pentagone a confirmé le déploiement d'unités supplémentaires de Marines au Moyen-Orient, soulevant des questions sur la véritable intention de l'administration de réduire ses opérations. Selon les responsables du Pentagone, les attaques iraniennes par missiles et drones ont diminué d'environ 90 pour cent par rapport aux premiers jours du conflit, une statistique que l'administration a citée comme preuve du succès de la campagne à dégrader les capacités militaires iraniennes.

Dans un revirement politique significatif, le département du Trésor américain a autorisé l'achat de pétrole iranien déjà en mer, émettant une dérogation aux sanctions d'une durée de 30 jours qui restera en vigueur jusqu'au 19 avril 2026. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a expliqué que cette mesure pourrait libérer environ 140 millions de barils de pétrole qui avaient été accumulés par la Chine à des prix fortement réduits. Cette dérogation représente un renversement spectaculaire par rapport à la politique de pression maximale qui caractérisait précédemment l'approche de l'administration envers l'Iran.

Cet allègement des sanctions semble être une tentative désespérée de contenir les prix de l'énergie qui ont échappé à tout contrôle depuis le début du conflit. Les cours du pétrole ont bondi de 45 pour cent depuis le début des hostilités, le Brent ayant brièvement dépassé 119 dollars le baril plus tôt cette semaine. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement environ un cinquième du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié, a connu un arrêt quasi total du trafic, étranglant les approvisionnements énergétiques mondiaux et provoquant des ondes de choc sur les marchés internationaux.

Les critiques des deux côtés de l'échiquier politique se sont emparées des contradictions apparentes dans l'approche de l'administration. Plusieurs législateurs éminents ont qualifié la décision de lever les sanctions pétrolières tout en menant simultanément une guerre contre l'Iran de honteusement stupide, arguant qu'elle contredit fondamentalement les objectifs déclarés de la campagne militaire. En assouplissant les sanctions, l'administration fournit effectivement des revenus au gouvernement même contre lequel les États-Unis sont en guerre, ont fait valoir les opposants.

Les jours à venir seront déterminants pour savoir si les commentaires de Trump annoncent un véritable désengagement ou s'ils ne constituent qu'une tentative de gérer l'opinion publique alors que le conflit s'éternise. Les analystes soulignent que le déploiement de troupes supplémentaires suggère que l'armée se prépare à poursuivre les opérations, indépendamment des messages politiques. La dérogation aux sanctions de 30 jours offre une fenêtre limitée pour la stabilisation des marchés énergétiques, mais sans résolution diplomatique plus large, les pressions sous-jacentes à l'origine de la crise risquent de perdurer bien au-delà de l'échéance d'avril.

Sources: NPR, CNN, Washington Post, CNBC, Al Jazeera

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