Les États-Unis ont annoncé lundi une campagne élargie de sanctions secondaires contre l’Iran, avertissant les gouvernements, banques et entreprises étrangers qu’ils devaient réduire leurs échanges avec Téhéran sous peine de perdre leur accès au système financier fondé sur le dollar. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré que l’initiative visait à supprimer chaque source de revenus soutenant l’Iran, sans toutefois nommer les pays susceptibles d’être sanctionnés ni préciser la date d’application.
Le département du Trésor a indiqué que la campagne concernait les réseaux liés aux ventes de pétrole et au contournement des sanctions, tout en plaçant les actifs numériques, la technologie, l’or, l’aviation et le transport maritime sous surveillance. Selon Reuters, Washington a aussi sanctionné près de 60 personnes, entités et navires. Bessent a affirmé que les responsables américains avaient cartographié les circuits financiers utilisés par l’Iran et coopéreraient avec leurs partenaires pour cibler les revenus jugés illicites.
L’annonce constitue une période d’avertissement avant de possibles mesures secondaires plus vastes, plutôt qu’une punition générale immédiate des partenaires commerciaux de l’Iran. Bessent a expliqué que les gouvernements disposaient d’une occasion de changer de conduite, tout en soulignant que les entités blanchissant de l’argent pour Téhéran pourraient être exclues du système en dollars. L’administration n’a pas révélé la durée de ce délai, laissant les entreprises et les États évaluer leur exposition.
La Chine, la Turquie et les Émirats arabes unis comptent parmi les principaux partenaires commerciaux de l’Iran, d’après l’Associated Press. Pékin, longtemps premier acheteur du pétrole iranien, a rejeté les tactiques de pression et promis de protéger ses intérêts légitimes. Les Émirats ont suspendu la semaine dernière les échanges et transactions financières avec l’Iran après une attaque de missile signalée, une décision que Bessent présente comme un effet des démarches américaines.
L’Iran a minimisé l’initiative, estimant que plusieurs décennies de sanctions n’avaient pas modifié sa politique. Le président du Parlement Mohammad Bagher Qalibaf a soutenu que les partenaires de l’Iran ne tenaient pas compte des avertissements américains, tandis que des responsables iraniens ont menacé de conséquences en cas d’escalade. Téhéran a également renouvelé ses avertissements aux navires traversant le détroit d’Ormuz sans son autorisation, accentuant les inquiétudes sur l’énergie et la sécurité maritime.
Ces mesures interviennent près de six mois après le début du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, qui a perturbé la navigation régionale et l’approvisionnement pétrolier. Le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir s’est rendu lundi à Téhéran pour une mission de médiation, alors que les pourparlers officiels américano-iraniens sont bloqués depuis juin. L’efficacité et le coût mondial de la campagne dépendront des acteurs étrangers visés, du calendrier des pénalités et de la réaction des grands partenaires commerciaux.
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