L'espérance de vie en Angleterre a atteint un record provisoire en 2025, mais ce sommet national masque un écart grandissant entre les régions du nord et du sud, selon une analyse publiée dimanche par The Guardian et actualisée tôt lundi. Les hommes peuvent espérer vivre environ 80 ans et les femmes près de 84 ans, mais le King's Fund constate que l'essentiel des progrès de la dernière décennie se concentre à Londres, dans le Sud-Est, le Sud-Ouest et l'Est.
Londres a gagné près d'une année entre 2013-2015 et 2023-2025, malgré la chute la plus forte pendant la pandémie. À l'inverse, le Nord-Ouest, le Nord-Est, le Yorkshire et le Humber, les Midlands de l'Ouest et de l'Est, qui regroupent environ la moitié de la population anglaise, ont connu peu ou pas d'amélioration. L'organisme relie cette situation à une pauvreté plus forte et à davantage de maladies cardiaques, de cancers, de suicides et de décès liés à l'alcool ou aux drogues.
L'écart régional signifie désormais qu'une personne à Londres peut espérer vivre environ trois ans de plus qu'une personne du Nord-Est, selon le King's Fund. Les différences locales sont plus marquées encore: à Blackpool, l'espérance de vie est inférieure d'environ 10 ans pour les hommes et de huit ans pour les femmes à celle de Hart, dans le Hampshire. Les données de l'Office for National Statistics confirment une fracture géographique claire.
Veena Raleigh, chercheuse principale au King's Fund, a indiqué que dans les 30% de territoires les plus défavorisés, l'espérance de vie a baissé ou stagné pendant la décennie, tandis que les 30% les plus favorisés ont gagné environ six mois. Elle estime que la réduction de l'écart exige des emplois stables, des salaires équitables, des logements adéquats, un air propre, des transports accessibles et une alimentation saine abordable.
L'espérance de vie en bonne santé, qui mesure les années vécues en bonne santé, a reculé dans toutes les régions anglaises pendant la décennie allant jusqu'à 2022-2024. La population passe désormais environ 2,5 années supplémentaires en mauvaise santé. L'écart régional reste proche de six à sept ans et peut atteindre 20 ans entre les zones les plus riches et les plus pauvres, où les habitants vivent moins longtemps et passent une part accrue de leur vie malades.
Le plan du NHS pour l'Angleterre vise à augmenter l'espérance de vie en bonne santé pour tous et à réduire de moitié l'écart entre les communautés les plus riches et les plus pauvres. Le King's Fund juge cet objectif irréaliste sans progrès sanitaires d'une ampleur inédite depuis plusieurs décennies. Les nouveaux chiffres décrivent donc deux réalités simultanées: la longévité nationale atteint un sommet, mais ses bénéfices sont répartis de façon toujours plus inégale.
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