Retour à l'accueil Des chercheurs de l'EPFL développent un laser ultrarapide sur puce rivalisant avec les systèmes de table, une percée publiée dans Nature Science

Des chercheurs de l'EPFL développent un laser ultrarapide sur puce rivalisant avec les systèmes de table, une percée publiée dans Nature

Publié le 6 juin 2026 683 vues

Des chercheurs de l'École polytechnique fédérale de Lausanne ont réalisé ce que beaucoup dans la communauté de la photonique qualifient de saint graal de l'optique intégrée : un laser ultrarapide sur puce qui rivalise avec les performances des systèmes laser femtosecondes traditionnels de table. Cette percée, publiée dans la revue Nature, démontre un dispositif qui délivre 1,05 nanojoule d'énergie en impulsions aussi courtes que 147 femtosecondes, des performances qui n'étaient auparavant réalisables qu'avec des équipements de laboratoire volumineux et coûteux occupant des tables optiques entières.

La clé de cette réussite réside dans l'ingénierie ingénieuse de la cavité laser, qui s'étend sur 42 centimètres de longueur totale mais est repliée dans une puce photonique de la taille approximative d'une tête d'allumette. Cette miniaturisation remarquable a été accomplie grâce à un design d'oscillateur de Mamyshev, une architecture qui offre des avantages inhérents en termes de compacité, d'évolutivité et de résistance aux effets optiques non linéaires qui ont historiquement limité les performances des systèmes laser sur puce. Cette conception représente plus de deux décennies de travail dans le domaine de la photonique intégrée.

Les implications manufacturières de cette réalisation sont particulièrement significatives pour la commercialisation future de la technologie laser ultrarapide. Comme les puces photoniques peuvent être produites en utilisant des techniques de fabrication semiconductrice standard à l'échelle des tranches de silicium, les mêmes procédés utilisés pour fabriquer des processeurs informatiques, plus de 1 000 cavités laser pourraient être produites simultanément sur une seule tranche. Cette capacité de fabrication parallèle promet de réduire considérablement le coût par dispositif par rapport à l'assemblage minutieux des systèmes laser de table conventionnels.

Les applications potentielles des lasers ultrarapides miniaturisés et abordables couvrent un éventail remarquablement large de domaines. En diagnostic médical, ces dispositifs compacts pourraient permettre de nouvelles formes d'imagerie optique et d'analyse tissulaire dans des environnements cliniques où l'espace est limité. Pour la mesure précise du temps, la technologie pourrait améliorer la précision et l'accessibilité des horloges atomiques utilisées dans les télécommunications, la navigation et la recherche scientifique. D'autres applications incluent la détection environnementale, la spectroscopie chimique et les mesures de distance de précision en métrologie.

L'équipe de recherche a souligné que l'architecture de l'oscillateur de Mamyshev offre une voie claire pour de nouvelles améliorations des performances et une miniaturisation supplémentaire. La tolérance inhérente du design aux variations de fabrication le rend particulièrement adapté à la production de masse, un facteur essentiel pour transformer les percées de laboratoire en produits commercialement viables. Les travaux de l'équipe s'appuient sur une série d'avancées en photonique au silicium et en conception de circuits optiques intégrés qui se sont accélérées rapidement ces dernières années.

La publication a suscité un enthousiasme considérable au sein de la communauté scientifique, des experts de multiples institutions décrivant ce travail comme une étape transformatrice pour la photonique intégrée. Cette réalisation démontre que les dispositifs sur puce peuvent désormais égaler les spécifications d'énergie et de durée d'impulsion qui nécessitaient auparavant des équipements de la taille d'une pièce, ouvrant la porte à un déploiement généralisé des capacités laser ultrarapides dans des instruments portables, des dispositifs portables et des réseaux de capteurs distribués.

Sources: Nature, EPFL, ScienceDaily, Phys.org

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