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La France perquisitionne les bureaux de X, Musk dénonce une attaque politique

Publié le 3 février 2026 1084 vues

Le parquet de Paris a perquisitionné les bureaux parisiens de X, le réseau social d'Elon Musk, ce mardi dans le cadre d'une vaste enquête sur la cybercriminalité, poussant le milliardaire à dénoncer ce qu'il a qualifié d'attaque politique. La perquisition a été menée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris en partenariat avec l'unité nationale cyber de la gendarmerie française et Europol, qui a déployé un analyste pour fournir un soutien sur le terrain pendant l'opération.

L'enquête porte sur plusieurs allégations graves, notamment la complicité dans la détention et la diffusion d'images pédopornographiques, la création et la diffusion de deepfakes à caractère sexuel, la négation de crimes contre l'humanité, et la manipulation de systèmes de traitement automatisé de données dans le cadre d'une activité de groupe organisé. Les procureurs ont convoqué Musk et l'ancienne directrice générale de X, Linda Yaccarino, à des auditions libres le 20 avril à Paris, en leur qualité de gérants de fait et de droit de la plateforme au moment des faits présumés.

L'affaire a débuté en janvier 2025 lorsque le député libéral Éric Bothorel a allégué que des algorithmes biaisés sur X étaient susceptibles d'avoir faussé le fonctionnement de systèmes de traitement automatisé de données. Une plainte distincte d'un directeur de la cybersécurité de la fonction publique affirmait que des modifications d'algorithmes avaient amplifié ce qu'il décrivait comme du contenu politique nuisible. L'enquête a ensuite été élargie suite à des rapports inquiétants sur Grok, le chatbot IA de X développé par xAI, la société de Musk, qui aurait généré des publications en français remettant en question l'utilisation des chambres à gaz à Auschwitz et permis la création de matériel sexuellement explicite non consenti concernant des femmes et des enfants.

Le compte des affaires gouvernementales de X a publié une réponse cinglante, qualifiant l'enquête de politisée et les allégations de sans fondement. La plateforme s'est dite déçue par ce développement mais pas surprise, accusant le parquet de Paris d'avoir largement médiatisé la perquisition pour démontrer que l'action était un acte abusif de théâtre policier destiné à atteindre des objectifs politiques illégitimes plutôt qu'à faire avancer des objectifs légitimes d'application de la loi. Partageant cette déclaration, Musk a écrit sur son compte personnel qu'il s'agit d'une attaque politique.

Cette confrontation reflète un affrontement plus large entre Musk et les autorités européennes sur la modération du contenu et la responsabilité des plateformes. L'année dernière, l'Union européenne a infligé à X une amende équivalente à 140 millions de dollars pour ne pas avoir lutté contre les discours de haine et la désinformation. La semaine dernière, la Commission européenne a lancé une enquête distincte sur Grok suite aux critiques concernant sa capacité à produire des images sexuellement explicites. Dans une réponse institutionnelle marquante, le parquet de Paris a annoncé qu'il quittait entièrement la plateforme X, invitant les utilisateurs à le retrouver sur LinkedIn et Instagram. Le fondateur de Telegram, Pavel Durov, a commenté que la France est le seul pays au monde à poursuivre pénalement tous les réseaux sociaux qui offrent aux gens un certain degré de liberté, remettant en question le statut de pays libre de la France.

Sources: Euronews, Al Jazeera, NBC News, France 24, Le Devoir, Boursorama

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