Une réunion de quatre heures entre le négociateur américain Jared Kushner et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a abouti lundi à la création de groupes de travail sur Gaza, mais sans engagement public d'Israël envers la nouvelle feuille de route soutenue par Washington. Selon l'Associated Press, les responsables ont qualifié les discussions à Jérusalem de constructives, tout en reconnaissant que l'ordre du désarmement du Hamas, du retrait israélien et de la reconstruction reste le principal différend.
Israël et le Conseil de paix créé par les États-Unis ont décidé de former un groupe consacré à la démilitarisation de Gaza et un autre à la santé publique et aux conditions humanitaires. Le bureau de Netanyahu a indiqué que la démilitarisation devait être rapide et achevée avant la reconstruction. Axios rapporte aussi l'examen d'un mécanisme de déconfliction, avec des médiateurs égyptiens, afin d'étudier les violations présumées et les menaces émergentes avant toute escalade.
Kushner arrivait d'une rencontre rare tenue dimanche au Caire avec le chef du Hamas Khalil al-Hayya et des médiateurs d'Égypte, du Qatar et de Turquie. D'après l'AP, le Hamas a accepté la proposition en quinze points, mais exige l'arrêt des attaques israéliennes et un repli jusqu'à la ligne dite jaune avant sa mise en œuvre. Israël contrôle actuellement environ 60 % de Gaza et n'a promis publiquement aucun retrait.
La feuille de route prévoit que le Hamas transfère ses armes à une administration technocratique palestinienne, appuyée par une force internationale de stabilisation pour la vérification et la destruction du matériel. Elle associe une démilitarisation progressive à un retrait israélien progressif et accorde quatorze jours pour établir un calendrier après l'approbation de toutes les parties. Le comité palestinien appelé à administrer Gaza n'est pas encore entré dans le territoire.
Les négociations concernent près de deux millions de Palestiniens, la future gouvernance de Gaza et la reconstruction après des années de guerre. L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Pakistan, l'Indonésie et les pays médiateurs ont critiqué le rejet antérieur de la feuille de route par Israël et demandé des mesures concrètes contre tout blocage. Netanyahu affronte parallèlement une élection en octobre et une opposition intérieure à toute reconstruction précédant le désarmement.
Les responsables ont exprimé un optimisme prudent, sans annoncer de percée. Un porte-parole du directeur du Conseil de paix, Nickolay Mladenov, a présenté l'adhésion israélienne comme un processus encore en cours, tandis qu'un responsable américain a déclaré à Axios que des mesures concrètes pourraient commencer si le Hamas remet des armes. La reconstruction et le déploiement international restent suspendus à un accord sur l'ordre des étapes, la vérification et la définition d'une menace imminente.
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