Retour à l'accueil Le rythme du réchauffement climatique a presque doublé depuis 2015, confirme une étude majeure Environnement

Le rythme du réchauffement climatique a presque doublé depuis 2015, confirme une étude majeure

Publié le 11 mars 2026 836 vues

Le rythme du réchauffement climatique a presque doublé depuis 2015, selon une étude majeure publiée le 6 mars 2026 dans la revue Geophysical Research Letters de l'Union géophysique américaine. Les chercheurs principaux, Grant Foster, statisticien à la retraite anciennement affilié à Tempo Analytics, et Stefan Rahmstorf, de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact climatique en Allemagne, ont déterminé que le taux de réchauffement est passé d'environ 0,2 degré Celsius par décennie entre 1970 et 2015 à approximativement 0,35 degré Celsius par décennie pour la période 2015-2025, soit une augmentation de 75 pour cent avec une confiance statistique supérieure à 98 pour cent sur l'ensemble des données analysées.

L'étude s'est appuyée sur cinq bases de données indépendantes de températures mondiales, notamment NASA GISS, NOAA, le HadCRUT5 du Met Office Hadley Centre, Berkeley Earth et le jeu de données de réanalyse Copernicus ERA5. Les chercheurs ont employé des techniques de filtrage statistique pour éliminer les influences à court terme telles que les épisodes El Niño, les éruptions volcaniques et les variations solaires. Deux approches analytiques indépendantes ont confirmé l'accélération : une analyse de tendance quadratique et une méthode de détection de point de rupture qui a identifié le changement entre février 2013 et février 2014. Les dix années écoulées depuis 2015 figurent désormais parmi les plus chaudes jamais enregistrées.

Le principal facteur de cette accélération du réchauffement, selon l'étude, réside dans la réduction des aérosols atmosphériques résultant des réglementations internationales sur les carburants maritimes entrées en vigueur vers 2020. Ces réglementations ont réduit les émissions de soufre des navires d'environ 85 pour cent. Bien que ces aérosols réfléchissaient la lumière solaire et contribuaient à la formation de nuages refroidissants, ils provoquaient également une grave pollution atmosphérique. Leur élimination prévient environ 260 000 décès prématurés chaque année, mais a démasqué l'effet de réchauffement complet des gaz à effet de serre accumulés dans l'atmosphère.

Rahmstorf a décrit ce phénomène comme un paradoxe de l'air pur, expliquant que l'amélioration de la qualité de l'air a involontairement révélé la véritable étendue du réchauffement causé par les gaz à effet de serre, que la pollution par les aérosols avait partiellement dissimulé pendant des décennies. Les résultats ont des implications considérables pour les objectifs climatiques internationaux. Au rythme actuel, le seuil de 1,5 degré Celsius de l'Accord de Paris par rapport aux niveaux préindustriels pourrait être définitivement dépassé avant 2030. Si le rythme accéléré devait se poursuivre, les projections suggèrent que la planète pourrait faire face à environ 4 degrés Celsius de réchauffement d'ici 2100.

Toutefois, Rahmstorf a précisé que ce taux élevé de réchauffement pourrait ne pas persister au cours de la prochaine décennie, étant donné qu'aucune réduction comparable des aérosols n'est prévue. Il a souligné que la vitesse à laquelle la Terre continuera de se réchauffer dépend fondamentalement de la rapidité avec laquelle le monde réduira ses émissions de dioxyde de carbone à zéro. Claudie Beaulieu, de l'Université de Californie à Santa Cruz, a averti que l'accélération observée pourrait s'avérer temporaire plutôt qu'un changement permanent de la trajectoire du réchauffement.

Michael Mann, de l'Université de Pennsylvanie, a offert une perspective différente, affirmant que la tendance sous-jacente du réchauffement est restée à peu près constante depuis les années 1970 et remettant en question le fait que la hausse récente constitue une véritable accélération à long terme. Le débat met en évidence la complexité de l'attribution des variations à court terme des taux de réchauffement à des causes spécifiques. Quelle que soit l'interprétation, l'étude renforce le constat que les températures mondiales continuent d'augmenter à un rythme alarmant et que des réductions agressives des émissions restent essentielles.

Sources: Nature, ScienceDaily, CNN, Carbon Brief, AGU Newsroom

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