Des coups de feu ont éclaté à l'intérieur du Sénat philippin mercredi soir lorsque des policiers et des fusiliers marins ont tenté d'arrêter le sénateur Ronald dela Rosa, recherché par la Cour pénale internationale pour des crimes présumés contre l'humanité liés à la brutale campagne antidrogue de l'ancien président Rodrigo Duterte. Plus d'une douzaine de détonations ont été entendues à l'intérieur du complexe législatif de Pasay City, forçant journalistes et employés à fuir précipitamment tandis que des soldats armés de fusils et équipés de protections montaient les escaliers du bâtiment.
La CPI avait décacheté un mandat d'arrêt contre dela Rosa, ancien chef de la police nationale qui avait dirigé la guerre contre la drogue de Duterte entre juillet 2016 et avril 2018. Le mandat l'accuse du crime contre l'humanité de meurtre d'au moins 32 personnes durant son mandat à la tête de la police nationale philippine. Des milliers de suspects, pour la plupart pauvres et impliqués dans de petits délits liés à la drogue, ont été tués lors de cette répression qui avait suscité une condamnation internationale généralisée de la part des organisations de défense des droits humains et des gouvernements étrangers.
Dela Rosa s'était réfugié à l'intérieur du Sénat sous la protection de parlementaires alliés depuis plusieurs jours, refusant de se rendre aux autorités. Le président du Sénat, Alan Cayetano, a décrit la situation comme extrêmement tendue, déclarant que les émotions étaient vives et que le Sénat semblait être attaqué. La panique s'est répandue à l'extérieur du bâtiment lorsque des partisans du sénateur se sont précipités vers les grilles du Sénat après avoir entendu les coups de feu provenant du complexe.
Cette confrontation représente une crise constitutionnelle sans précédent aux Philippines, opposant le pouvoir législatif aux forces de l'ordre agissant sur la base d'un mandat d'une juridiction internationale. Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. avait précédemment signalé sa volonté de coopérer avec la CPI, renversant la position de son prédécesseur Duterte, qui avait retiré le pays de la juridiction de la cour en 2019. Le gouvernement actuel a réintégré la CPI en 2025 dans le cadre d'efforts plus larges visant à renforcer les partenariats internationaux et à restaurer la réputation du pays en matière de droits humains.
Il restait impossible de déterminer qui avait tiré les coups de feu à l'intérieur du complexe sénatorial, et les autorités n'ont confirmé aucune victime. Les forces de sécurité auraient sécurisé certaines parties du bâtiment, bien que l'opération complète se soit poursuivie dans la nuit. Les observateurs internationaux et les diplomates ont appelé à la retenue, avertissant que la violence au sein d'une enceinte législative menace les institutions démocratiques. La CPI a publié un communiqué exhortant les autorités philippines à exécuter le mandat d'arrêt de manière pacifique, dans le respect de l'état de droit et de la sécurité de toutes les personnes présentes au Sénat.
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