Des dizaines de milliers de réfugiés rohingyas ont manifesté mardi dans les camps de Cox's Bazar, au Bangladesh, pour réclamer un retour sûr et digne en Birmanie, neuf ans après la répression militaire qui a provoqué un exode massif depuis l'État de Rakhine. Selon Associated Press, des rassemblements ont eu lieu dans des dizaines de camps, tandis que les organisateurs demandaient la citoyenneté, la sécurité, la justice et la liberté de circulation avant tout rapatriement.
Cet anniversaire rappelle la fuite de plus de 700 000 Rohingyas après le lancement d'opérations par les forces de sécurité birmanes en août 2017, à la suite d'attaques menées par un groupe insurgé rohingya. Des survivants ont décrit des meurtres, des violences sexuelles et la destruction de villages. La Birmanie présente cette campagne comme une opération antiterroriste, alors que des responsables des Nations unies et plusieurs gouvernements parlent de nettoyage ethnique ou de génocide.
Le Bangladesh accueille désormais près de 1,2 million de Rohingyas, principalement dans les sites surpeuplés d'Ukhiya et de Teknaf, dans le district de Cox's Bazar, d'après les chiffres cités par les médias régionaux et internationaux. Plus des trois quarts de la population réfugiée sont des femmes et des enfants. Deux tentatives de rapatriement ont échoué, les réfugiés jugeant Rakhine dangereux et leurs droits insuffisamment garantis; Dacca affirme qu'aucun retour ne sera imposé.
La perspective d'un retour s'est encore compliquée depuis le coup d'État militaire de 2021 et l'extension de la guerre civile en Birmanie. L'Armée d'Arakan a conquis une grande partie de Rakhine en combattant les forces gouvernementales, et les nouvelles violences ont déplacé d'autres Rohingyas. Leurs représentants estiment qu'un plan crédible doit permettre aux familles de retrouver leurs communautés avec la citoyenneté, une protection réelle, les droits fondamentaux et une responsabilité pour les abus.
Les conditions se dégradent aussi au Bangladesh avec la baisse du soutien des donateurs. Al Jazeera indique que l'appel humanitaire révisé pour 2026 a diminué de 26 %, à 710,5 millions de dollars, et cible les besoins vitaux les plus urgents. Les réductions fragilisent l'alimentation, l'éducation et la protection, tandis que des réfugiés continuent de risquer leur vie dans le golfe du Bengale et la mer d'Andaman pour chercher sécurité et perspectives.
Les démarches juridiques et diplomatiques internationales restent sans conclusion. La Cour internationale de Justice a tenu en janvier des audiences dans l'affaire engagée par la Gambie, qui accuse la Birmanie d'avoir violé la Convention sur le génocide, mais aucun jugement définitif n'a été rendu. Seize missions diplomatiques à Dacca ont soutenu cette semaine le droit au retour, et les manifestants demandent désormais des garanties applicables avant que la crise n'entre dans sa deuxième décennie.
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