La Syrie a commencé à détruire des vestiges du programme d'armes chimiques laissé par l'ancien président Bachar al-Assad, première destruction de munitions chimiques dans le pays vérifiée par l'OIAC depuis 2014. La responsable du désarmement de l'ONU, Izumi Nakamitsu, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité que les inspecteurs avaient confirmé la destruction irréversible de 42 bombes aériennes lors d'une mission en août.
L'opération fait suite aux découvertes annoncées en mai par les nouvelles autorités syriennes, parmi lesquelles figuraient des substances chimiques et des munitions jusque-là non déclarées. Selon Nakamitsu, Damas a ensuite identifié une installation supplémentaire de production d'armes chimiques, une substance nouvellement découverte servant à fabriquer des agents neurotoxiques, des munitions vides et deux sites de stockage contenant les éléments retrouvés.
L'ambassadeur syrien auprès de l'ONU, Ibrahim Olabi, a indiqué que les travaux se déroulaient sous le contrôle d'experts de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Il les a présentés comme le premier processus de ce type depuis la chute du gouvernement Assad en décembre 2024 et a expliqué qu'ils visaient à protéger la population syrienne ainsi qu'à empêcher que des matières dangereuses ne parviennent à des groupes non autorisés.
L'OIAC avait annoncé en juillet que la Syrie avait corrigé sa déclaration initiale, facilité les visites de vérification et préparé des accords pour les sites de stockage d'Al Qutayfah et de Homs. Son Conseil exécutif a approuvé un plan détaillé destiné à vérifier la destruction des armes chimiques de catégorie 3 à Al Qutayfah, une catégorie qui comprend les munitions non remplies et les équipements conçus pour disperser des agents chimiques.
L'ancien gouvernement syrien avait adhéré à la Convention sur les armes chimiques en 2013 après l'attaque meurtrière de la Ghouta, puis déclaré un arsenal qu'une mission conjointe OIAC-ONU avait retiré et détruit hors de Syrie. Le mécanisme international a toutefois confirmé par la suite l'emploi d'armes chimiques pendant le conflit et estimé que les anciennes autorités n'avaient pas révélé l'ensemble du programme. Privée de ses droits de vote en 2021, la Syrie les a retrouvés par consensus en juillet grâce aux progrès de sa coopération.
Olabi a affirmé que des attaques israéliennes avaient retardé certaines recherches et visites de destruction, une accusation à laquelle l'armée israélienne n'avait pas immédiatement répondu auprès de Reuters. Il a également annoncé la préparation d'une première audience visant des suspects liés au programme, après l'arrestation cette année de 18 responsables militaires, politiques et techniques. L'ONU et l'OIAC jugent indispensables la poursuite des vérifications, des déclarations complètes et une élimination sécurisée pour clore le dossier.
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