Retour à l'accueil Un tribunal syrien condamne Bachar el-Assad à mort par contumace Monde

Un tribunal syrien condamne Bachar el-Assad à mort par contumace

Publié le 11 août 2026 778 vues

Un tribunal de Damas a condamné mardi à mort par contumace l'ancien président syrien Bachar el-Assad et son frère Maher pour meurtre prémédité, torture et crimes contre l'humanité. Selon l'Associated Press, six autres anciens responsables ont reçu la même peine en leur absence, tandis qu'Atef Najib, cousin d'Assad et seul haut responsable détenu, a été condamné à mort dans la salle d'audience.

Ces jugements sont les premiers visant Assad ou des membres de son cercle le plus proche depuis la fin, en décembre 2024, des cinq décennies de pouvoir de sa famille. Bachar et Maher el-Assad ont fui en Russie, où ils ont obtenu l'asile après l'effondrement du gouvernement, ce qui rend l'exécution des peines improbable. L'audience a été retransmise en direct par la télévision publique syrienne, contrairement aux procès secrets liés à l'ancien pouvoir.

Le juge Fakhareddine al-Aryan a affirmé que les institutions de l'État avaient servi à commettre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. D'après AP et El País, le tribunal a reconnu les accusés responsables d'homicides volontaires, notamment d'enfants, et de tortures perpétrées avant et pendant près de quatorze années de conflit, qui ont fait environ un demi-million de morts et déplacé des millions de personnes.

Najib dirigeait autrefois la sécurité politique dans la province méridionale de Deraa. Plus d'une douzaine d'adolescents avaient été arrêtés et torturés en 2011 après avoir inscrit des slogans antigouvernementaux sur le mur d'une école; la répression avait contribué à déclencher des manifestations nationales, puis la guerre civile. Le juge a précisé que Najib pouvait faire appel, alors que les accusés absents restent hors de portée immédiate.

Des victimes et leurs proches se sont rassemblés devant le palais de justice fortement protégé et ont salué les décisions comme une reconnaissance longtemps attendue. Hiba Zayadin, chercheuse à Human Rights Watch, a néanmoins rejeté la peine capitale et demandé un appel conforme aux normes d'un procès équitable. Le Syria Justice and Accountability Center a parlé d'une étape historique, tout en signalant une procédure précipitée, des témoignages parfois mal reliés aux accusations et une défense insuffisante.

Le verdict possède donc une forte portée symbolique dans la transition syrienne, mais la responsabilité pénale concrète reste incertaine. Assad demeure en Russie et aucun accord signalé ne prévoit sa comparution à Damas. Les défenseurs des droits estiment que la crédibilité du processus dépendra d'institutions indépendantes, de recours sérieux et d'affaires transparentes capables de juger les crimes de l'ancien régime sans reproduire sa justice arbitraire.

Sources: Associated Press, El País, Human Rights Watch, Syria Justice and Accountability Center

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