Le président Donald Trump a annoncé lundi que les États-Unis imposeraient immédiatement une taxe de 25 pour cent sur tout pays faisant des affaires avec l'Iran. Cette mesure commerciale radicale, annoncée via Truth Social, représente l'une des actions économiques les plus agressives contre Téhéran alors que des manifestations meurtrières continuent de secouer le pays. Selon le président, cet ordre est définitif et sans appel, ne laissant aucune place à la négociation ou aux exemptions.
La taxe vise les principaux partenaires commerciaux de l'Iran, notamment la Chine, l'Inde, la Turquie, l'Irak et les Émirats arabes unis. La Chine, qui importe environ 80 pour cent des exportations pétrolières iraniennes, sera la plus durement touchée par cette mesure. Le commerce bilatéral entre Pékin et Téhéran a dépassé 13 milliards de dollars en 2024, selon les données de UN Comtrade. La nouvelle taxe pourrait porter le total des droits américains sur les produits chinois à un minimum de 45 pour cent, s'ajoutant aux 35 pour cent de droits déjà en vigueur.
La Turquie maintient environ 5,7 milliards de dollars d'échanges annuels avec l'Iran et fait actuellement face à une taxe américaine de base de 15 pour cent. L'Inde, un autre partenaire commercial important avec plus d'un milliard de dollars d'exportations vers l'Iran, fait déjà face à des droits de 50 pour cent sur l'acier et l'aluminium. Les Émirats arabes unis servent de principal canal de revenus pour le commerce iranien, les rendant particulièrement vulnérables aux nouvelles restrictions.
L'annonce intervient dans un contexte de manifestations croissantes à travers l'Iran qui ont coûté la vie à des milliers de personnes depuis que les protestations ont éclaté le 28 décembre pour des griefs économiques. Des militants ont déclaré à l'Associated Press que le bilan des morts a grimpé à au moins 2 000 personnes alors que les forces de sécurité répriment les manifestants exigeant la fin du gouvernement théocratique. Le régime a coupé les communications pendant la répression, laissant les familles incapables de contacter leurs proches pendant des jours.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a répondu avec défi à l'annonce de la taxe, déclarant que Téhéran est prêt à une confrontation militaire si Washington choisit cette voie. Cependant, il a souligné que l'Iran préfère les solutions diplomatiques à l'impasse actuelle. La Maison Blanche a refusé de partager des détails supplémentaires sur la mise en œuvre, laissant les partenaires commerciaux incertains quant aux exigences de conformité.
Les économistes avertissent que la taxe pourrait avoir des conséquences considérables sur le commerce mondial. Les fabricants chinois font face à l'impact le plus important, car les droits supplémentaires augmenteraient considérablement les coûts pour les importateurs américains. La mesure menace également de perturber les marchés de l'énergie, car les ventes de pétrole iranien à la Chine ont été une bouée de sauvetage pour Téhéran sous les sanctions existantes.
L'économie iranienne s'est dramatiquement détériorée sous la pression internationale, les exportations de pétrole s'effondrant de 2,2 millions de barils par jour en 2011 à seulement 400 000 barils en 2020. Le PIB par habitant est passé de 8 000 dollars en 2012 à environ 5 000 dollars en 2024. Les analystes suggèrent que le nouveau régime tarifaire pourrait isoler davantage Téhéran économiquement tout en testant la détermination de ses partenaires commerciaux restants à maintenir leurs relations commerciales.
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