Le président Donald Trump a signé un mémorandum présidentiel ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, marquant le recul le plus radical de la coopération mondiale dans l'histoire américaine. La directive vise 35 organisations non onusiennes et 31 entités de l'ONU, mettant effectivement fin au financement des contribuables américains et à la participation dans des organismes que l'administration dit avancer des agendas mondialistes au détriment des priorités américaines.
Les retraits comprennent plusieurs organisations de premier plan axées sur le climat, l'égalité des sexes et la santé mondiale. Parmi les départs les plus significatifs figure celui de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), décrite par les experts comme le traité climatique "fondateur" et l'accord parent de l'accord de Paris sur le climat de 2015. Le retrait américain de l'Accord de Paris lui-même prendra effet le 27 janvier 2026.
Les États-Unis quitteront également ONU Femmes, qui œuvre pour l'égalité des sexes dans le monde, et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), l'agence axée sur la planification familiale et la santé maternelle et infantile dans plus de 150 pays. Parmi les autres organisations touchées figurent le Pacte pour l'énergie sans carbone, l'Université des Nations Unies, le Comité consultatif international du coton et la Fédération internationale des conseils des arts et agences culturelles.
La Maison Blanche a caractérisé ces retraits comme mettant fin à l'implication dans des entités qui sont "contraires aux intérêts des États-Unis". La décision fait suite à un examen ordonné plus tôt cette année de toutes les organisations intergouvernementales internationales, conventions et traités dont les États-Unis sont membres ou parties.
Le retrait américain de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'une des premières sorties internationales annoncées par Trump après son retour au pouvoir en janvier 2025, doit prendre effet le 22 janvier 2026. Entre 2024 et 2025, les États-Unis ont contribué 261 millions de dollars au financement de l'OMS, représentant environ 18 pour cent du financement total de l'organisation.
Cette décision a suscité de vives critiques de la part des observateurs internationaux et de certains alliés européens. Trente-sept membres du Parlement européen ont envoyé une lettre conjointe aux dirigeants de l'UE exhortant l'Union européenne à condamner ce qu'ils ont appelé un recul sans précédent du multilatéralisme. "Les Nations Unies continueront leur travail que les États-Unis soient là ou non", a déclaré Peter Yeo de la Better World Campaign. "La vraie question est de savoir qui comble le vide. Trop souvent, ce sont des pays qui ne partagent pas les priorités ou les valeurs américaines."
Depuis le début de son second mandat, Trump a déjà retiré les États-Unis de l'OMS, de l'accord de Paris sur le climat et du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Ces trois retraits ont également été exécutés pendant sa première administration mais ont ensuite été annulés par l'administration Biden. Cette dernière vague de sorties représente une escalade significative de l'approche de politique étrangère "America First" de Trump.
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