Les autorités britanniques ont autorisé jeudi 6 août le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance pour 81 milliards de dollars, levant un obstacle réglementaire majeur après l'acceptation de protections juridiquement contraignantes pour la télévision et le streaming au Royaume-Uni. L'Autorité de la concurrence et des marchés a estimé que l'opération ne réduirait pas sensiblement la concurrence, tandis que le ministère de la Culture, des Médias et des Sports a renoncé à intervenir au nom de l'intérêt public ou de l'influence d'États étrangers.
Cette décision conclut une enquête de première phase ouverte le 9 juin. La ministre de la Culture Lisa Nandy avait auparavant envisagé une intervention en raison de préoccupations concernant le pluralisme de l'information et le choix des services télévisés et numériques offerts au public britannique. Selon le ministère et l'Associated Press, Paramount a ensuite proposé des garanties sur la diversité des services et l'indépendance éditoriale, ce qui a permis au gouvernement d'écarter une saisine formelle.
D'après les engagements présentés par le ministère, Channel 5 conservera une direction éditoriale entièrement séparée de celles de CBS et CNN. Paramount s'est également engagé à ne pas fusionner ses chaînes linéaires avec ses services à la demande au Royaume-Uni, tandis que Nickelodeon et Cartoon Network resteront distinctes. Le ministère surveillera l'application de ces mesures et Paramount devra remettre chaque année une déclaration de conformité.
L'acquisition réunirait HBO Max, CNN, la franchise Harry Potter et TNT Sports avec CBS, Channel 5, Paramount+ et les activités cinématographiques de Paramount. L'Associated Press évalue l'achat des actions à 81 milliards de dollars et l'ensemble de la transaction à près de 111 milliards, dette comprise. Paramount, repris par Skydance il y a un an, considère l'autorisation britannique comme une étape importante vers la finalisation.
Les feux verts britanniques ne garantissent toutefois pas une conclusion rapide. Paramount et Warner ont accepté de reporter l'opération jusque bien avant dans l'année 2027 pendant l'examen d'une plainte déposée par douze États américains. Menés par la Californie, ils affirment que la fusion pourrait affaiblir la concurrence dans la distribution des films en salles et les programmes du câble. Un procès antitrust de douze jours doit commencer début mars, et Paramount promet de défendre fermement l'accord.
Le ministère américain de la Justice a clos son propre examen en juin sans chercher à bloquer l'opération. Paramount mentionne aussi des autorisations dans l'Union européenne, en Chine, au Canada et en Australie. Les décisions britanniques réduisent donc l'incertitude réglementaire, mais le contentieux américain demeure le principal obstacle. Le calendrier et l'issue finale dépendront largement de cette procédure et du respect durable des garanties britanniques.
Commentaires