Le Conseil de transition du sud du Yémen a annoncé sa dissolution le 9 janvier, marquant une fin dramatique au mouvement séparatiste soutenu par les Émirats arabes unis qui cherchait l'indépendance du sud depuis 2017. Le secrétaire général Abdulrahman Jalal al-Sebaihi a fait cette annonce dans une allocution télévisée sur Yemen TV, déclarant que le conseil fermerait tous ses organes et bureaux tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, invoquant des désaccords internes et une pression régionale croissante.
La dissolution est intervenue un jour seulement après que le chef du conseil, Aidarous al-Zubaidi, a fui le Yémen par bateau vers la Somalie avant d'être transporté à Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis. Le Conseil de direction présidentiel a ensuite inculpé al-Zubaidi de trahison après qu'il aurait refusé de se rendre en Arabie saoudite pour des réunions et déployé des forces du CTS vers la province d'al-Dahle où se trouve son village natal.
L'annonce a suivi des semaines de tensions croissantes qui ont commencé lorsque le CTS a lancé une offensive militaire à grande échelle dans le sud du Yémen le 2 décembre 2025. Les forces séparatistes ont avancé rapidement à travers le gouvernorat de Hadhramaut, s'emparant de plusieurs zones contrôlées par le gouvernement, dont les villes de Seiyun et Tarim. L'offensive a déclenché une confrontation directe avec l'Arabie saoudite, qui a lancé des frappes aériennes contre les positions du CTS après que les séparatistes ont refusé de se retirer des territoires saisis.
La décision a été immédiatement contestée par le porte-parole du CTS Anwar al-Tamimi, qui a déclaré sur la plateforme de médias sociaux X que seul le conseil complet sous son président pouvait autoriser de telles mesures. Ce désaccord public a mis en lumière les profondes divisions internes qui avaient miné le mouvement séparatiste dans ses derniers jours. Plusieurs factions au sein du conseil auraient été frustrées par le leadership d'al-Zubaidi et la direction de l'offensive de décembre.
Le ministre saoudien de la Défense Khalid bin Salman a salué la dissolution, déclarant que la question du sud était désormais sur une voie réelle cultivée par le royaume et approuvée par la communauté internationale. L'ambassadeur saoudien au Yémen Mohamed al-Jaber a qualifié la décision de courageuse et a annoncé qu'une prochaine conférence à Riyad inclurait toutes les figures influentes du sud pour tracer une voie vers l'avenir de la région.
Le 10 janvier, le Conseil de direction présidentiel a annoncé avoir repris le contrôle total de toutes les zones précédemment détenues par le CTS. Les forces gouvernementales se sont rapidement mobilisées pour combler le vide sécuritaire laissé par le retrait séparatiste, rétablissant l'autorité sur des territoires contestés depuis des années. La transition rapide suggérait une coordination entre les forces gouvernementales yéménites et leurs soutiens saoudiens.
Le Conseil de transition du sud a été créé en avril 2017 comme organisation faîtière représentant les groupes cherchant à restaurer le sud du Yémen en tant qu'État indépendant, comme il existait entre 1967 et 1990. Les EAU avaient été le principal soutien financier et militaire du conseil, mais l'offensive ratée et l'intervention saoudienne subséquente semblent avoir poussé Abu Dhabi à retirer son soutien, ne laissant à al-Zubaidi d'autre option que la fuite.
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