Des milliers d'Indonésiens se sont rassemblés jeudi 27 août devant le complexe de la Chambre des représentants à Jakarta pour réclamer une action plus ferme contre la corruption et l'adoption accélérée d'un projet de loi longtemps retardé sur la confiscation des avoirs. Des comptes rendus publiés jeudi soir et vendredi indiquent que plusieurs groupes ont convergé vers le Parlement, transformant un débat législatif technique en épreuve majeure pour la confiance du public dans la politique anticorruption du pays.
Des centaines de participants sont venus de Pati, dans le Java central, avec l'Alliance populaire unie de Pati, appelée AMPB, tandis que des organisations de la métropole de Jakarta ont rejoint la mobilisation. Avant le rassemblement, le coordinateur Supriyono, également connu sous le nom de Botok, a déclaré que son groupe voulait manifester pacifiquement et se concentrer sur l'adoption du texte ainsi que sur des sanctions plus sévères contre les responsables corrompus, sans chercher à renverser le gouvernement national.
Le projet vise à renforcer la capacité de l'État à repérer, saisir et récupérer les biens liés à des infractions. La Commission III du Parlement prévoit une approbation définitive en séance plénière en décembre 2026. Pendant la manifestation, un représentant parlementaire a expliqué à la foule que les dirigeants avaient reçu ses demandes et a invité la société civile à continuer de transmettre ses propositions pendant l'élaboration du texte.
La Chambre affirme avoir organisé 35 auditions publiques, effectué trois visites de travail régionales et reçu les contributions écrites de dizaines d'organisations citoyennes. Des questions essentielles subsistent sur la confiscation sans condamnation pénale, les conditions d'un renversement de la charge de la preuve, la gestion des biens saisis et la protection des avoirs acquis légalement par des tiers.
Les partisans du texte estiment que des pouvoirs renforcés empêcheraient les auteurs de conserver les produits d'une infraction lorsqu'un suspect décède, prend la fuite ou ne peut être poursuivi. Des juristes et des parlementaires préviennent toutefois qu'une compétence trop large pourrait servir à des fins politiques sans contrôle judiciaire, seuil initial de preuves clairement défini et droit de recours effectif pour les propriétaires concernés. Ces garanties sont désormais au cœur de la rédaction.
La mobilisation accentue la pression sur le Parlement pour qu'il transforme son calendrier de décembre en loi effective tout en respectant les garanties de procédure. Les organisateurs ont annoncé qu'ils surveilleraient le projet jusqu'à l'échéance. Les prochaines étapes comprennent de nouvelles consultations publiques, l'harmonisation juridique, des négociations avec le gouvernement et des votes en commission puis en séance plénière. L'issue montrera comment l'Indonésie concilie la récupération rapide des richesses criminelles et la protection contre les saisies arbitraires.
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