Retour à l'accueil Jimmy Lai condamné à 20 ans de prison dans un procès historique à Hong Kong Politique

Jimmy Lai condamné à 20 ans de prison dans un procès historique à Hong Kong

Publié le 9 février 2026 785 vues

Le magnat des médias pro-démocratie hongkongais Jimmy Lai a été condamné dimanche à 20 ans de prison, la peine la plus lourde jamais prononcée en vertu de la loi sur la sécurité nationale du territoire. Le fondateur de 78 ans du journal Apple Daily, aujourd'hui fermé, avait été reconnu coupable en décembre 2024 de complot en vue de collusion avec des forces étrangères mettant en danger la sécurité nationale et de complot en vue de publier des articles séditieux. Trois juges désignés par le gouvernement ont décrit Lai comme le cerveau d'une conspiration visant à faire pression sur des gouvernements étrangers pour qu'ils imposent des sanctions contre la Chine et Hong Kong, rendant un verdict de 855 pages dans ce qui est devenu la poursuite la plus médiatisée en vertu de cette législation.

Le tribunal a ordonné que 18 ans de la peine soient purgés consécutivement à une condamnation distincte pour fraude prononcée en 2022, assortie d'une peine de cinq ans et neuf mois d'emprisonnement. Lai, citoyen britannique ayant fui la Chine continentale à l'âge de 12 ans, est détenu depuis plus de cinq ans, dont une grande partie en isolement cellulaire. Sa famille a exprimé la crainte que cette peine équivaille à la perpétuité compte tenu de son âge. Huit coaccusés, dont six anciens journalistes d'Apple Daily et deux militants pro-démocratie, ont reçu des peines allant de six ans et trois mois à dix ans. Tous sauf Lai avaient plaidé coupable, et plusieurs ont témoigné contre lui lors du procès.

L'accusation s'est concentrée sur les rencontres de Lai avec de hauts responsables américains en 2019, notamment le vice-président de l'époque Mike Pence, le secrétaire d'État Mike Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, ainsi que ses contacts avec des membres du Congrès. Les procureurs ont soutenu que Lai avait utilisé Apple Daily comme plateforme pour inciter à la haine contre les gouvernements chinois et hongkongais et pour solliciter une intervention étrangère. Le journal, autrefois l'une des publications les plus lues du territoire, avait été contraint de fermer en juin 2021 après le gel de ses actifs en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

La condamnation a suscité une vague immédiate de réprobation internationale. La secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères Yvette Cooper a qualifié la peine de 20 ans d'équivalent à une condamnation à perpétuité et a exigé la libération de Lai pour des raisons humanitaires, s'engageant à poursuivre les échanges avec Pékin. Le président américain Donald Trump, qui devrait se rendre en Chine en avril, a déclaré être profondément préoccupé par cette issue et avoir précédemment demandé au président chinois Xi Jinping d'envisager la libération de Lai. Human Rights Watch a décrit la sentence comme une condamnation à mort de facto, tandis qu'Amnesty International l'a qualifiée de nouveau jalon sinistre dans la transformation de Hong Kong.

Le dirigeant de Hong Kong, John Lee, a défendu le verdict, affirmant que Lai avait utilisé Apple Daily pour empoisonner les esprits des résidents de la ville. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré la peine légitime et raisonnable. Le fils de Lai, Sebastien, a exprimé l'espoir que la Chine pourrait libérer son père avant la visite prévue de Trump en avril, comme geste diplomatique. L'affaire a mis en lumière le déclin spectaculaire de la liberté de la presse à Hong Kong, passé de la 18e à la 140e place dans l'indice mondial de la liberté de la presse depuis 2002. Lai conserve le droit de faire appel de sa condamnation et de sa peine.

Sources: NPR, NBC News, ABC News, Al Jazeera, CNBC, Washington Post, CNN

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