L'animateur de télévision Jean-Marc Morandini a annoncé dimanche qu'il avait proposé son retrait de l'antenne de CNews, plusieurs semaines après que sa condamnation pour corruption de mineurs est devenue définitive. Le présentateur de l'émission quotidienne Morandini Live a publié sur les réseaux sociaux qu'il avait proposé à la direction de la chaîne de se retirer afin de rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction, ajoutant qu'il ne souhaitait en aucun cas être un problème pour les équipes et pour la direction de la chaîne et du groupe.
Cette annonce intervient après des semaines de pression croissante sur CNews et son propriétaire, le groupe Bolloré. Le 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de Morandini pour corruption de mineurs, pour des messages à caractère sexuel envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. La peine comprend deux ans d'emprisonnement avec sursis, une amende de 20 000 euros, une interdiction définitive d'exercer une activité professionnelle impliquant des mineurs et l'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles. Le 22 janvier, il a également renoncé à contester une condamnation distincte pour harcèlement sexuel à l'encontre d'un jeune acteur, rendant cette peine de 18 mois avec sursis elle aussi définitive.
Malgré ces condamnations définitives, CNews avait initialement choisi de maintenir Morandini à l'antenne. Le directeur de Canal Plus France avait publiquement défendu cette décision, affirmant que la chaîne l'assumait pleinement et soulignant que le présentateur n'avait aucun contact avec des mineurs dans le cadre de ses fonctions. Cette position a provoqué une grave crise interne au sein du réseau. La journaliste vedette Sonia Mabrouk a démissionné de CNews et d'Europe 1 le 6 février, déclarant qu'elle ne pouvait cautionner le maintien à l'antenne d'une personne condamnée. Les présentateurs Pascal Praud et Laurence Ferrari ont également exprimé publiquement leur désapprobation.
La controverse s'est étendue bien au-delà de la rédaction. L'eurodéputé François-Xavier Bellamy, du parti Les Républicains, a appelé Morandini à démissionner en plein direct. Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a donné instruction à ses élus de boycotter l'émission de Morandini. Les annonceurs ont massivement déserté le programme, avec seulement 18 spots publicitaires diffusés en deux semaines après la condamnation, contre 16 publicités sur un seul créneau pour l'émission précédente. Un annonceur a publiquement déclaré avoir pris la décision d'arrêter immédiatement tout placement.
La direction de CNews a répondu à la proposition de retrait de Morandini en indiquant qu'elle prenait acte de sa décision de quitter l'antenne avec effet immédiat. Une commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public a convoqué le fondateur du groupe Bolloré, Vincent Bolloré, pour témoigner fin février sur les raisons du maintien à l'antenne d'un présentateur condamné pour corruption de mineurs. Le président de la commission a déclaré que même en l'absence de manquement légal de la part du diffuseur, il n'était pas acceptable qu'une personne inscrite au fichier des auteurs d'infractions sexuelles soit maintenue à la télévision.
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