La Corée du Nord a lancé plusieurs missiles balistiques à courte portée en direction de la mer séparant la péninsule coréenne du Japon mardi après-midi, a annoncé l'état-major interarmées sud-coréen, marquant une nouvelle provocation à l'approche d'un important congrès du parti au pouvoir. Les missiles ont été détectés vers 15h50, heure locale, depuis une zone située au nord de la capitale Pyongyang.
Les responsables militaires sud-coréens ont indiqué que les projectiles ont parcouru environ 350 kilomètres avant de s'abîmer en mer de l'Est, également connue sous le nom de mer du Japon. Le ministère japonais de la Défense a confirmé avoir détecté deux missiles balistiques, tous deux retombés en dehors de la zone économique exclusive de Tokyo. Ce tir constitue le deuxième essai de missiles de la Corée du Nord en 2026, après celui du 4 janvier que Pyongyang avait qualifié d'armes hypersoniques.
Cet essai intervient à l'approche du neuvième Congrès du Parti des travailleurs de Corée, qui devrait se réunir début février. Les analystes estiment que ce congrès pourrait être utilisé pour inscrire dans la constitution du parti la déclaration de Kim Jong Un établissant un système hostile à deux États sur la péninsule coréenne, abandonnant formellement l'objectif historique de réunification. La Corée du Nord a récemment accusé la Corée du Sud d'avoir fait voler des drones de surveillance au-dessus de la frontière et a menacé de représailles.
Le Bureau de sécurité nationale de Séoul a convoqué une réunion d'urgence à la suite du lancement. Un communiqué de la présidence a qualifié ce tir d'acte provocateur en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. L'armée sud-coréenne a déclaré avoir renforcé sa surveillance et sa vigilance en prévision de lancements supplémentaires, tout en partageant ses renseignements avec les États-Unis et le Japon.
Le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a condamné ces tirs, affirmant que le développement nucléaire et balistique de la Corée du Nord menace la paix et la stabilité du Japon et de la communauté internationale. Il a qualifié ces essais d'absolument intolérables. Le ministère japonais des Affaires étrangères a également tenu une réunion téléphonique trilatérale avec ses homologues américains et sud-coréens pour coordonner une réponse.
Le lancement a coïncidé avec la visite en Corée du Sud du sous-secrétaire américain à la Défense pour la politique, Elbridge Colby, qui a discuté de la situation sécuritaire sur la péninsule coréenne, du transfert du contrôle opérationnel en temps de guerre et des ambitions de Séoul en matière de sous-marins à propulsion nucléaire. Colby s'est ensuite envolé pour le Japon mardi après-midi.
La Corée du Nord est interdite de lancer ou de tester des missiles balistiques en vertu des résolutions des Nations Unies. Malgré ces restrictions, Pyongyang a considérablement intensifié ses essais d'armement depuis l'échec des pourparlers diplomatiques avec Washington et Séoul en 2019. Les experts estiment que Kim Jong Un considère un arsenal plus important comme un levier pour obtenir des concessions des États-Unis lors de futures négociations.
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