Retour à l'accueil Des scientifiques découvrent une source massive d'hydrogène naturel dans les roches milliardaires du Bouclier canadien Science

Des scientifiques découvrent une source massive d'hydrogène naturel dans les roches milliardaires du Bouclier canadien

Publié le 21 mai 2026 837 vues

Des scientifiques de l'Université de Toronto et de l'Université d'Ottawa ont découvert que des roches vieilles d'un milliard d'années dans le Bouclier canadien produisent naturellement des quantités significatives d'hydrogène gazeux, une découverte qui pourrait transformer le paysage mondial de l'énergie propre. La recherche, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, fournit les premières mesures continues à long terme de l'accumulation naturelle d'hydrogène souterrain, recueillies dans une mine active près de Timmins, dans le nord de l'Ontario.

L'hydrogène naturel est produit par des réactions chimiques entre les roches anciennes et les eaux souterraines qui les traversent, un processus connu sous le nom de serpentinisation. La chercheuse principale Barbara Sherwood Lollar a expliqué que ces réactions se déroulent depuis des milliards d'années dans la croûte terrestre, générant régulièrement de l'hydrogène gazeux. Contrairement à l'hydrogène vert, qui nécessite une électrolyse énergivore de l'eau, l'hydrogène blanc se forme sans intervention humaine ni émissions de carbone.

L'ampleur de la découverte a surpris même l'équipe de recherche. Les données collectées dans les forages à la mine de Timmins ont montré que chaque forage libère en moyenne huit kilogrammes d'hydrogène par an, le gaz continuant à s'écouler pendant au moins une décennie. Extrapolé aux quelque 15 000 forages du site, la production estimée d'hydrogène dépasse 140 tonnes par an, ce qui pourrait générer environ 4,7 millions de kilowattheures d'énergie annuellement.

Les implications géographiques s'étendent bien au-delà d'une seule mine. Les chercheurs ont constaté que les plus grandes concentrations d'hydrogène naturel apparaissent dans des régions géologiques déjà associées à l'activité minière canadienne, notamment le nord de l'Ontario, le Québec, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest. Ce chevauchement avec l'infrastructure minière existante pourrait réduire considérablement les coûts et les défis logistiques de l'extraction d'hydrogène.

Des analystes énergétiques et des climatologues ont réagi avec un optimisme prudent. Plusieurs pays, dont la France, l'Australie et le Mali, ont également signalé des gisements d'hydrogène naturel, alimentant une course internationale pour évaluer la viabilité commerciale de cette ressource. Des questions techniques et économiques importantes demeurent avant que l'hydrogène blanc puisse passer des mesures en laboratoire à la production énergétique commerciale, mais l'étude représente une étape décisive dans la compréhension du cycle naturel de l'hydrogène terrestre.

Sources: ScienceDaily, Phys.org, Interesting Engineering, EurekAlert, Proceedings of the National Academy of Sciences

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