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Arno Klarsfeld provoque l'indignation en évoquant de grandes rafles sur CNews

Publié le 27 janvier 2026 445 vues

L'avocat français Arno Klarsfeld, fils des célèbres chasseurs de nazis Serge et Beate Klarsfeld, a déclenché une vague d'indignation en France après avoir appelé à organiser de grandes rafles d'étrangers en situation irrégulière lors d'une émission en direct sur CNews le samedi 24 janvier. Intervenant dans le cadre de l'émission de débat Punchline, Klarsfeld a déclaré que pour se débarrasser des étrangers faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, la France devrait organiser des opérations sur le modèle de l'approche adoptée par l'administration Trump et son agence d'immigration et de contrôle douanier aux États-Unis.

Les propos exacts de Klarsfeld étaient que pour se débarrasser des personnes sous OQTF, il faudrait organiser des « sortes de grandes rafles un peu partout », reconnaissant que de telles opérations produiraient inévitablement des injustices qu'il jugeait acceptables pour le bien de l'État. Le débat avait été provoqué par des faits divers récents à Nice, notamment le viol d'une femme de 90 ans et le meurtre d'une jeune mère, dans lesquels les suspects étaient des ressortissants étrangers sous le coup d'une OQTF. Le segment était diffusé sur CNews, une chaîne régulièrement critiquée pour avoir hébergé des propos inflammatoires sur l'immigration.

L'utilisation du mot « rafle » a provoqué un choc particulier en raison de sa profonde résonance historique en France. Le terme est indissociablement lié à la rafle du Vel d'Hiv de juillet 1942, lorsque la police française agissant sous le régime de Vichy a arrêté plus de 13 000 hommes, femmes et enfants juifs à Paris en vue de leur déportation vers les camps de concentration nazis. Le journaliste Jean-Michel Aphatie a écrit qu'entendre Arno Klarsfeld employer le mot « rafle » à deux reprises pour désigner des êtres humains faisait frémir. Le fait que ces propos émanent du fils de Serge Klarsfeld, dont le propre père fut déporté à Auschwitz en 1943, a intensifié la réaction du public.

Des responsables politiques de l'ensemble de la gauche française ont condamné ces propos. Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a exprimé son incrédulité sur les réseaux sociaux, écrivant qu'il espérait que l'extrait était falsifié car de tels propos semblaient impossibles. Il a annoncé son intention de saisir le procureur de la République de Paris au titre de la loi sur la presse de 1881, qui pénalise l'incitation à la discrimination, à la haine et à la violence. Le député La France Insoumise Thomas Portes a déposé un signalement auprès du procureur de Paris et de l'Arcom au titre de l'article 40 du code de procédure pénale. La présidente du groupe LFI Mathilde Panot a souligné la contradiction vertigineuse d'un descendant de victimes de rafles et de déportations appelant à des rafles en direct à la télévision.

Face aux critiques croissantes, Klarsfeld a tenté de se défendre sur la plateforme X dans la soirée de samedi. Il a fait valoir qu'il suffisait de se rapporter au dictionnaire pour le mot « rafle » et que le fait d'arrêter des étrangers ayant commis des crimes et de les renvoyer éventuellement dans leur pays d'origine n'avait rien à voir avec le fait de s'emparer d'enfants juifs pour les envoyer à Auschwitz où ils seraient gazés. Cependant, ses détracteurs ont rapidement rappelé que Klarsfeld lui-même avait écrit au président Emmanuel Macron qu'il serait impossible, sans devenir un État policier, de diligenter de gigantesques rafles sur l'ensemble du territoire pour appréhender les personnes en situation irrégulière.

La polémique a relancé le débat sur la ligne éditoriale de CNews, comparée à Fox News et soumise à la surveillance réglementaire de l'Arcom pour des contenus jugés incitatifs à la haine ou à la discrimination. Selon les données les plus récentes, seules 7,7 pour cent des OQTF ont été effectivement exécutées en 2023, faisant de l'éloignement des migrants en situation irrégulière un sujet politiquement brûlant en France. Plusieurs associations de la société civile ont annoncé examiner la possibilité d'engager des poursuites judiciaires à la suite de ces propos.

Cet incident est survenu sur fond d'intensification de la politique migratoire aux États-Unis, où l'administration Trump a déployé des agents de l'ICE dans des opérations ayant suscité à la fois soutien et condamnation. Deux citoyens américains ont récemment été tués lors d'une opération de l'ICE à Minneapolis, soulignant les risques liés à des tactiques d'application agressives. En France, le débat sur la politique migratoire reste au premier plan du discours politique, les partis d'extrême droite réclamant des mesures plus fermes tandis que les partis de gauche mettent en garde contre l'érosion des droits fondamentaux et la normalisation d'une rhétorique dangereuse.

Sources: France Info, Le Parisien, 20 Minutes, Yahoo Actualités, Anadolu Agency, Ozap, Mediaterranee

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