L'administration du président Donald Trump a demandé vendredi à la Cour suprême des États-Unis d'autoriser la poursuite des travaux d'une salle de bal de 400 millions de dollars à la Maison-Blanche pendant son recours contre une ordonnance bloquant le chantier en surface. Le Solicitor General D. John Sauer a sollicité une suspension d'urgence, et le président de la Cour, John Roberts, a donné jusqu'à mardi au groupe de défense du patrimoine pour répondre.
La requête fait suite à une décision rendue par deux voix contre une par la cour d'appel fédérale du district de Columbia, qui a confirmé une injonction préliminaire. La majorité a estimé que l'exécutif ne pouvait pas construire unilatéralement ce bâtiment de 90 000 pieds carrés, soit environ 8 400 mètres carrés, sans autorisation du Congrès. La salle s'élève à l'emplacement de l'aile Est, dont Trump avait ordonné la démolition l'automne dernier.
L'injonction ne concerne que les travaux au-dessus du sol. Le juge fédéral Richard Leon a permis la poursuite des opérations souterraines, notamment les abris, les installations militaires et les équipements médicaux liés à la sécurité présidentielle. La cour d'appel a différé de deux semaines, jusqu'au 21 août, l'entrée en vigueur de sa décision afin que l'administration puisse saisir la Cour suprême.
Dans son dossier, l'administration présente l'ensemble comme un complexe militaire intégré comprenant une salle sécurisée et affirme qu'un arrêt du chantier nuirait à la sécurité nationale. Elle soutient aussi qu'environ 400 millions de dollars de dons privés rendent inutile l'argent public. Le National Trust for Historic Preservation conteste cette compétence juridique, tandis que des démocrates du Congrès affirment que 350 millions provenant d'une loi fiscale pourraient avoir été réaffectés à des travaux de sécurité. En mai, le Congrès a rejeté une demande d'un milliard de dollars pour la salle.
La majorité de la cour d'appel a précisé que le litige porte sur l'autorité habilitée à approuver le bâtiment, et non sur l'intérêt d'une salle de bal. Elle a conclu que le chantier ne pouvait avancer durant la procédure sans accord du Congrès. La juge Neomi Rao a exprimé son désaccord, estimant que l'association n'avait pas qualité pour agir et que le tribunal inférieur avait privilégié les préoccupations esthétiques d'une visiteuse au détriment des intérêts de sécurité. L'administration reprend cet argument devant la Cour suprême.
Les juges suprêmes n'ont pas encore décidé s'ils suspendront l'injonction ni s'ils examineront finalement l'affaire au fond. L'échéance fixée à mardi par Roberts constitue la prochaine étape, et la Cour pourrait rendre une mesure administrative temporaire pendant l'étude de la demande. La décision déterminera si les travaux en surface peuvent continuer durant l'appel et pourrait préciser la frontière entre le contrôle présidentiel du complexe de la Maison-Blanche et les pouvoirs du Congrès sur les constructions fédérales.
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