Le réchauffement mondial devrait désormais dépasser 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle dans les prochaines années, selon un rapport publié le 2 septembre à Nairobi par le Programme des Nations unies pour l’environnement. Le PNUE présente un dépassement rapide, suivi d’un pic puis d’une baisse, comme la meilleure voie encore disponible pour revenir finalement sous le seuil fixé par l’Accord de Paris.
Le rapport, intitulé Limiting Overshoot, marque un changement de stratégie: il ne s’agit plus d’empêcher tout dépassement durable, mais d’en limiter l’ampleur et la durée. Le PNUE souligne que 1,5 °C reste l’objectif, car chaque fraction de degré supplémentaire accroît les dangers pour les populations, les économies et les écosystèmes; ce niveau ne constitue donc pas une frontière unique entre sécurité et catastrophe.
Dans le scénario le plus optimiste étudié, le réchauffement culminerait autour de 1,8 °C si les pays appliquaient intégralement des engagements climatiques ambitieux. Reuters indique que les politiques actuelles conduisent plutôt à une projection médiane d’environ 2,6 °C en 2100. Selon le coauteur Joeri Rogelj, chaque retard de cinq ans dans la réduction des émissions ajoute au moins 0,1 °C au pic final.
Le PNUE réclame des baisses immédiates et durables du dioxyde de carbone et du méthane, une sortie accélérée des combustibles fossiles et une adaptation renforcée aux conséquences inévitables. Après la neutralité carbone, le monde devrait atteindre des émissions nettes négatives, en retirant davantage de carbone de l’atmosphère qu’il n’en rejette. La restauration des forêts peut aider, mais des technologies rigoureusement encadrées pourraient aussi être nécessaires sans jamais remplacer les réductions profondes.
Les risques augmentent avec la hauteur et la durée du dépassement. Le rapport cite l’intensification des phénomènes extrêmes, l’insécurité alimentaire et hydrique, les atteintes à la santé, la perte d’écosystèmes ainsi que les menaces pesant sur les petites îles et les villes côtières. Il avertit également de possibles points de bascule irréversibles concernant les grandes calottes glaciaires, l’Amazonie et la circulation de l’Atlantique.
Un retour sous 1,5 °C avant la fin du siècle demeure théoriquement possible, mais très incertain, et le refroidissement n’effacerait pas toutes les pertes subies pendant la période plus chaude. Le PNUE appelle donc les gouvernements à associer dès maintenant atténuation et investissements dans la résilience, car un pic plus bas et un dépassement plus court sauveraient des vies et réduiraient les dommages économiques.
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