Les États-Unis se sont officiellement retirés de l'Organisation mondiale de la santé, mettant fin à près de huit décennies d'adhésion à l'organisme de santé mondial. Le retrait a pris effet mercredi 22 janvier, exactement un an après que le président Donald Trump a signé un décret initiant le départ lors de son deuxième jour d'investiture.
Le secrétaire d'État Marco Rubio et le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux Robert F. Kennedy Jr. ont publié une déclaration conjointe proclamant que les États-Unis se sont libérés des contraintes de l'OMS. L'administration a cité ce qu'elle a décrit comme de profondes défaillances dans la gestion par l'organisation de la pandémie de COVID-19 originaire de Wuhan, en Chine, ainsi qu'un refus persistant de mettre en œuvre les réformes nécessaires et un manque de responsabilité, de transparence et d'indépendance.
Pour exécuter le décret du président Trump, tout le financement du gouvernement américain à l'OMS a été immédiatement interrompu. Le personnel américain et les contractants affectés ou intégrés à l'organisation ont été rappelés du siège de l'OMS à Genève, en Suisse, et des bureaux de l'OMS dans le monde entier. Ce départ marque la deuxième tentative de Trump de se retirer de l'OMS, après un effort précédent en 2020 qui avait été ultérieurement annulé.
Les implications financières pour l'OMS sont substantielles. Bien que l'organisation comprenne 194 États membres, les États-Unis ont supporté une part disproportionnée de sa charge financière pendant des décennies. Ces dernières années, les contributions obligatoires américaines s'élevaient en moyenne à environ 111 millions de dollars par an, tandis que les contributions volontaires atteignaient en moyenne quelque 570 millions de dollars par an, faisant de l'Amérique le plus grand donateur unique de l'organisation.
Les experts en santé ont exprimé de sérieuses préoccupations concernant l'impact du retrait sur la sécurité sanitaire mondiale. Une étude publiée dans The Lancet a projeté que si les réductions de l'aide liée à la santé persistent jusqu'en 2030, elles pourraient entraîner 14,1 millions de décès supplémentaires dans le monde, dont 4,5 millions d'enfants de moins de cinq ans. Les critiques soutiennent que cette décision rend les États-Unis plus vulnérables aux futures pandémies et diminue l'influence américaine dans la politique de santé mondiale.
L'OMS n'a pas encore publié de réponse formelle au retrait. Les organisations internationales de santé et les gouvernements étrangers ont exprimé leur déception, avertissant que ce départ sape les efforts collectifs pour combattre les maladies infectieuses, répondre aux urgences sanitaires et coordonner la préparation aux pandémies. Le retrait intervient dans un contexte de changements plus larges de la politique de santé américaine, notamment des réductions des vaccins recommandés et la dissolution de la direction de la Sécurité sanitaire mondiale et de la Biodéfense.
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