Retour à l'accueil Des scientifiques de l'Université de Houston établissent un record de supraconductivité à température élevée sous pression normale Technologie

Des scientifiques de l'Université de Houston établissent un record de supraconductivité à température élevée sous pression normale

Publié le 28 mai 2026 630 vues

Une équipe de physiciens de l'Université de Houston a réalisé une avancée majeure dans le domaine de la supraconductivité en démontrant une résistance électrique nulle dans un matériau novateur à la température la plus élevée jamais enregistrée sous pression atmosphérique normale. Cette découverte, publiée dans la prestigieuse revue Nature, représente une étape décisive vers la supraconductivité à température ambiante, un objectif poursuivi depuis des décennies par la communauté scientifique internationale.

Les chercheurs ont développé un nouveau composé basé sur une structure en réseau d'oxyde de cuivre modifiée, enrichie en éléments de terres rares. Sous une pression atmosphérique standard d'environ une atmosphère, le matériau a présenté des propriétés supraconductrices à une température qui dépasse tous les précédents records pour les supraconducteurs à pression ambiante. L'équipe a confirmé que cette température excède considérablement le précédent record établi par les supraconducteurs à base de cuprate au début des années 2000.

La supraconductivité, ce phénomène par lequel un matériau conduit l'électricité sans aucune résistance, fascine les scientifiques depuis sa découverte en 1911. Les supraconducteurs traditionnels nécessitent un refroidissement à des températures extrêmement basses à l'aide d'hélium ou d'azote liquide, ce qui rend les applications pratiques généralisées très coûteuses. La percée de l'équipe de Houston élimine la nécessité de conditions de pression extrêmes qui avaient entaché les précédentes revendications de supraconductivité à haute température.

Le Dr Liangzi Deng, chercheur principal du projet, a expliqué que l'innovation clé réside dans une technique propriétaire de croissance cristalline qui crée un mécanisme d'appariement électronique inhabituellement stable au sein du matériau. Cette approche permet aux paires de Cooper, les électrons appariés responsables de la supraconductivité, de se former et de persister à des températures nettement supérieures à ce que l'on pensait possible auparavant. L'équipe a consacré près de quatre années au perfectionnement du processus de synthèse.

Les implications de cette découverte dépassent largement le cadre du laboratoire. Si le matériau peut être fabriqué à grande échelle, il pourrait transformer l'infrastructure énergétique mondiale en permettant une transmission d'électricité sans perte sur de vastes distances. Actuellement, environ cinq à dix pour cent de toute l'électricité produite dans le monde est perdue sous forme de chaleur lors de la transmission à travers les câbles conventionnels en cuivre et en aluminium. Des câbles supraconducteurs pourraient éliminer entièrement ces pertes.

Au-delà de la transmission d'énergie, cette percée ouvre des perspectives prometteuses pour l'informatique quantique, les systèmes de transport à lévitation magnétique et les équipements d'imagerie médicale avancée. La vérification indépendante des résultats est déjà en cours dans plusieurs institutions de recherche de premier plan, notamment l'Institut Max Planck en Allemagne et l'Académie chinoise des sciences. La communauté scientifique a réagi avec un optimisme prudent, notant que la méthodologie de l'équipe de Houston semble rigoureuse et que les résultats ont été reproduits en interne à plusieurs reprises.

Sources: ScienceDaily, Nature, University of Houston

Commentaires