Les États-Unis autoriseront l’entrée de 300 000 tonnes métriques au maximum de produits destinés au bœuf haché pendant les 90 prochains jours sans appliquer le droit plus élevé hors contingent, a annoncé vendredi le président Donald Trump. Cette mesure temporaire vise à accroître l’offre et à réduire la facture alimentaire alors que les prix du bœuf restent proches de records, mais elle a aussitôt suscité l’opposition des éleveurs américains.
Trump a affirmé que des fournisseurs étrangers s’étaient engagés à proposer le produit importé à un prix inférieur de 25 % au niveau actuel du marché. Un responsable de la Maison-Blanche a précisé aux médias qu’il s’agirait de parures maigres utilisées dans la fabrication du bœuf haché et qu’un acte exécutif formel était attendu sous deux semaines. Les pays fournisseurs et le mécanisme permettant de transmettre la réduction annoncée aux consommateurs n’ont pas été détaillés.
Le système de contingent tarifaire impose un faible droit aux volumes qui entrent dans les limites attribuées, puis un taux nettement supérieur lorsque celles-ci sont dépassées. Selon une analyse de l’American Farm Bureau Federation, les importations sous contingent supportent généralement 4,4 cents par kilogramme, contre un droit de 26,4 % pour les cargaisons hors contingent. La nouvelle autorisation réduirait donc la barrière de coût pour un volume supplémentaire important durant cette période.
La décision répond à un marché bovin tendu. Le cheptel américain reste proche de ses plus bas historiques après plusieurs années de sécheresse, d’aliments coûteux et de contraction de la production, tandis que la demande demeure solide. Les restrictions touchant les bovins mexicains à cause de la lucilie bouchère et le droit américain de 50 % sur les produits brésiliens ont accentué la pression. L’USDA prévoit actuellement 6,059 milliards de livres d’importations de bœuf en 2026 et a relevé sa prévision annuelle du prix des bouvillons.
Les organisations de producteurs ont averti que des importations à prix réduit pourraient affaiblir les cours du bétail et décourager la reconstitution du cheptel. La National Cattlemen’s Beef Association estime que cette réponse de court terme menace la stabilité à long terme, tandis que plusieurs élus d’États d’élevage ont protesté. Les prix de détail pourraient ne pas baisser de tout le montant annoncé, car les exportateurs ne contrôlent pas les marges des transformateurs, distributeurs et supermarchés.
Pour les consommateurs, cette initiative constitue une tentative particulièrement directe de combattre l’inflation alimentaire avant les élections de mi-mandat de novembre. Son effet dépendra des exportateurs participants, de la rapidité des livraisons et de la part de la baisse des coûts répercutée en magasin. L’administration dit travailler aussi avec les éleveurs afin d’accroître la production nationale; le futur décret devra préciser les règles du contingent, les produits admissibles et l’application du programme de 90 jours.
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