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Les réseaux américains face à 700 gigawatts de demande fantôme

Publié le 1 septembre 2026 0 vues

Les centres de données projetés et d'autres très gros consommateurs d'électricité ont demandé plus de 700 gigawatts de capacité de raccordement dans certaines régions du Midwest, du centre de la côte Est et du Sud des États-Unis, selon une enquête de Reuters publiée mardi. Ce total, dominé par les installations destinées à l'intelligence artificielle et à l'informatique en nuage, dépasse de plus de dix fois les estimations de la consommation actuelle des centres de données américains. Les autorités doivent donc séparer les projets crédibles des demandes spéculatives ou déposées plusieurs fois.

Le Texas est devenu le premier grand pôle américain de centres de données à geler les nouveaux raccordements pendant que les responsables auditent les projets en attente d'électricité. Les demandes adressées au réseau de l'Electric Reliability Council of Texas sont passées d'environ 48 gigawatts en 2023 à plus de 474 gigawatts, d'après les documents d'ERCOT et de l'État cités par Reuters. ERCOT indiquait séparément en juin suivre plus de 438 gigawatts de demandes de grandes charges, dont près de 89 % provenaient de centres de données.

Cette hausse ne signifie pas que toute cette électricité sera consommée. Un promoteur peut solliciter plusieurs compagnies pour un même site, tandis que certains dossiers ne disposent ni du financement, ni de la maîtrise foncière, ni du client final, ni des compétences nécessaires à la construction. Les méthodes de comptage divergent aussi : certaines compagnies retiennent uniquement les contrats signés, alors que d'autres incluent de simples prises de contact. Cette incertitude fausse les prévisions servant à autoriser des centrales et des lignes coûteuses.

Des garanties financières réduisent déjà certaines files d'attente. Exelon a abaissé d'environ 40 %, à 11 gigawatts, son estimation des projets à forte probabilité après avoir renforcé ses exigences de garantie, a rapporté Reuters. Dans l'Ohio, le portefeuille d'AEP Ohio a diminué de plus de moitié après l'adoption de frais d'étude pouvant atteindre 100 000 dollars. Ce filtrage cherche à faire avancer les projets sérieux sans demander aux ménages de financer des équipements pour des installations qui ne verront jamais le jour.

Même après le retrait des projets douteux, l'enjeu reste majeur. Monitoring Analytics estime que la croissance existante et prévue des centres de données a contribué à une hausse de 29,4 milliards de dollars des coûts de capacité sur environ quatre enchères du marché PJM, qui couvre treize États. Les planificateurs affrontent deux risques opposés : construire trop peu pourrait fragiliser la fiabilité quand la demande réelle liée à l'IA arrivera, tandis que construire trop laisserait aux consommateurs des actifs inutilisés à payer.

Le Texas impose désormais un audit élargi portant sur les propriétaires finaux, les aides publiques, la consommation d'eau et les projets de production sur site. La Pennsylvanie a aussi renforcé les obligations de transparence et les permis pour les projets d'au moins 25 mégawatts ; un responsable a déclaré à Reuters que seuls 20 des plus de 100 centres proposés avaient demandé un permis. Les autorités devraient multiplier dépôts, justificatifs et contrôles d'étapes afin de mesurer la part réelle de l'essor électrique de l'IA.

Sources: Reuters, Electric Reliability Council of Texas, Midcontinent Independent System Operator, Texas Tribune

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