Le Parti communiste chinois au pouvoir a lancé des enquêtes sur deux des plus hauts responsables militaires du pays, dont l'allié le plus proche du président Xi Jinping au sein des forces armées, dans ce que les analystes décrivent comme une purge sans précédent qui a effectivement anéanti le haut commandement militaire. Le ministère de la Défense a annoncé samedi que Zhang Youxia, vice-président principal de la Commission militaire centrale, et Liu Zhenli, chef d'état-major du département d'état-major interarmées de la commission, font l'objet d'enquêtes pour suspicion de violations graves de la discipline et de la loi.
Zhang Youxia, 75 ans, est depuis longtemps considéré comme le confident militaire le plus fiable de Xi. Fils de hauts responsables qui ont combattu aux côtés du père de Xi pendant la guerre civile chinoise dans les années 1940, Zhang a rejoint l'armée en 1968 et a participé aux combats lors de la guerre frontalière avec le Vietnam en 1979. Il a été maintenu pour un troisième mandat sans précédent à la Commission militaire centrale, ce que les analystes attribuent au désir de Xi de garder un allié expérimenté et loyal comme conseiller militaire principal. Zhang n'est pas apparu publiquement depuis sa rencontre avec le ministre russe de la Défense à Moscou le 20 novembre 2025.
Cette enquête marque une escalade dramatique dans la campagne anti-corruption de Xi, qui a sanctionné plus de 200 000 fonctionnaires depuis son arrivée au pouvoir en 2012. L'ancien analyste de la CIA Christopher K. Johnson a qualifié l'enquête sur Zhang de mouvement sans précédent dans l'histoire de l'armée chinoise, déclarant qu'elle représente l'anéantissement total du haut commandement. Johnson a souligné que purger même un ami d'enfance comme Zhang Youxia démontre qu'il n'y a désormais plus de limites au zèle anti-corruption de Xi.
La purge fait suite à l'expulsion en octobre de He Weidong, l'autre vice-président de la Commission militaire centrale, et à la destitution en 2024 de deux anciens ministres de la Défense pour corruption. Rien qu'en octobre, le Parti communiste de Xi a évincé neuf hauts responsables de l'Armée populaire de libération, alléguant de graves violations de la discipline du parti et des crimes graves liés à leurs fonctions, des accusations similaires à celles portées contre Zhang et Liu.
Les analystes estiment que ces purges massives servent un double objectif : réformer les institutions militaires gangrenées par la corruption tout en assurant une loyauté absolue envers le leadership personnel de Xi. Le moment est particulièrement significatif alors que la stratégie de défense nationale nouvellement publiée par l'administration Trump identifie la Chine comme une puissance militaire redoutable nécessitant une dissuasion active.
La déclaration du ministère de la Défense n'a fourni aucun détail spécifique concernant les fautes présumées de l'un ou l'autre des responsables. Zhang et Liu occupent tous deux des rôles clés dans la structure de commandement de l'Armée populaire de libération, et leur éviction crée un vide significatif aux plus hauts niveaux de l'appareil militaire chinois durant une période de tensions géopolitiques accrues dans la région Asie-Pacifique.
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