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Des ONG réclament une enquête sur la mort d'une journaliste libanaise

Publié le 6 août 2026 268 vues

Amnesty International et Human Rights Watch ont déclaré jeudi que les forces israéliennes avaient apparemment mené en avril une attaque délibérée contre deux journalistes civiles dans le sud du Liban, tuant Amal Khalil, correspondante d'Al-Akhbar, et blessant grièvement la photographe indépendante Zeinab Faraj. Les organisations ont demandé une enquête indépendante pour un possible crime de guerre, tandis qu'Israël affirme que son examen préliminaire conclut que l'opération visait des membres du Hezbollah.

Les conclusions portent sur une série de frappes survenues le 22 avril à Al-Tiri, à environ huit kilomètres de la frontière israélienne, moins d'une semaine après l'entrée en vigueur d'une trêve fragile entre Israël et le Hezbollah. Khalil, âgée de 42 ans, couvrait depuis longtemps le sud du Liban. Faraj, 21 ans, travaillait à ses côtés pour documenter les dégâts dans des villages touchés par le conflit, selon l'Associated Press et les organisations.

Les enquêteurs disent avoir analysé des photographies, des vidéos, des images satellites, des témoignages de responsables et de témoins, ainsi que des échanges sur WhatsApp. Leur reconstitution indique qu'une première frappe de drone a tué deux hommes dans un véhicule proche des journalistes, qu'une deuxième a touché leur voiture après leur arrêt et qu'une troisième a frappé le bâtiment où les deux femmes blessées s'étaient réfugiées. Des drones volant à basse altitude sont restés au-dessus du secteur, selon les ONG.

La Croix-Rouge libanaise a finalement obtenu l'autorisation d'entrer et a évacué Faraj, mais les secouristes affirment que des tirs israéliens les ont contraints à partir avant d'atteindre Khalil sous les décombres. Human Rights Watch cite un rapport médico-légal indiquant qu'elle est décédée dans la soirée d'un arrêt cardiaque provoqué par un traumatisme crânien et une grave hémorragie. Les ONG assurent que les autorités libanaises et la mission de paix de l'ONU avaient averti Israël à plusieurs reprises.

L'armée israélienne a déclaré jeudi que son enquête préliminaire concluait que Khalil était morte pendant des frappes dirigées contre des membres du Hezbollah et que le dossier définitif serait transmis à son service juridique. Elle nie viser intentionnellement les journalistes. Human Rights Watch dit n'avoir trouvé aucune preuve que les deux hommes tués près des reporters étaient des combattants, et les ONG soulignent qu'une zone interdite ne perd pas les protections civiles du droit humanitaire.

Amnesty et Human Rights Watch ont demandé au Liban d'enquêter et d'accorder à la Cour pénale internationale une compétence sur les crimes présumés depuis octobre 2023; elles réclament aussi un embargo sur les armes et d'autres mesures internationales. Cette affaire renforce les demandes de responsabilité concernant les attaques contre les médias dans le conflit régional. Toute qualification pénale nécessitera une procédure judiciaire indépendante, et l'examen militaire final d'Israël restait en attente jeudi.

Sources: Associated Press, Amnesty International, Human Rights Watch, Le Monde, Committee to Protect Journalists

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